Beauraing 5570

A Beauraing comme ailleurs, le SIDA est toujours tabou pour les jeunes

Si l'on ne guérit toujours pas du VIH, des traitements existent pour limiter sa transmission. Le dépistage reste donc essentiel. C'est pourquoi l'ASBL "L'Autre Sens" sensibilise en région beaurinoise.

"Pluie du matin, n'arrête pas le pélerin...", le dicton est peut-être encore plus vrai à Beauraing. En ce 1er décembre, journée mondiale de lutte contre le SIDA, Bérangère et Lesley vont au contact de la population beaurinoise. Leur objectif ? Informer, prévenir et sensibiliser. Même en 2020, parler du VIH reste une des priorités de l'ASBL "l'Autre Sens" dont elles font partie. Lesley Denuit est éducatrice:

C'est peut-être encore plus important aujourd'hui qu'avant. Les générations avancent et ne communiquement pas forcément. On se rend compte, en allant dans les écoles, qu'il y a des informations qui ne passent toujours pas, comme les modes de transmissions du VIH par exemple.

Préservatifs et rubans rouges dans les mains, les deux femmes arrêtent quelques instants les passants. L'un d'eux confirme les propos de Lesley:

Je suis né en 1987 et je fais partie d'une génération qui a été beaucoup sensibilisée là-dessus. Aujourd'hui, j'ai l'impression qu'on a un peu relâché la pression concernant l'information aux jeunes.

Dépistage et protection 

A l'heure actuelle, on ne guérit toujours pas du VIH. Si on est séropositif, on le reste toute sa vie. Néanmoins, des traitements existent pour limiter l'évolution du virus et faire disparaitre les risques de transmission. Bérangère Fourny est assistante sociale:

Une personne qui suit son traitement, qui est bien supervisée par son infectiologue et qui a une charge virale indétectable pendant six mois, peut avoir des rapports sexuels avec son partenaire sans risque. C'est quand même une grande avancée par rapport à avant. Les regards ont changé mais il reste des discriminations et des représentations fausses. Beaucoup de gens croient encore qu'en cotoyant une personne séropositive dans la vie quotidienne, on peut attraper le SIDA.

A la sortie d'une des plus grosses écoles de la région, la réaction de deux élèves de rhéto est interpellante:

On n'entend pas beaucoup parler du SIDA, pas assez. On sait ce que c'est mais bon... On n'en discute pas entre nous, cela reste tabou.  

Malgré les avancées médicales, il reste donc primordial de se faire dépister et de se protéger. Un air de déjà-vu en ces temps d'épidémie.

Si l'on ne guérit toujours pas du VIH, des traitements existent pour limiter sa transmission. Le dépistage reste donc essentiel. C'est pourquoi l'ASBL "L'Autre Sens" sensibilise en région beaurinoise.

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