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60 kimonos faits main pour Madame Butterfly à l'Opéra Royal de Wallonie

Le célèbre opéra de Puccini, Madame Butterfly, ouvre la saison 2019-2020 de l’Opéra Royal de Wallonie.

Le célèbre opéra de Puccini, Madame Butterfly, ouvre la saison 2019-2020 de l’Opéra Royal de Wallonie. C’est l’histoire d’une jeune geisha qui tombe éperdument amoureuse d’un officier américain. Une production qui met en avant le savoir-faire des costumiers, ils ont réalisé près de 60 kimonos dans les plus grandes règles de l’art japonais.

Consultante en culture japonaise

Pour ce faire, le chef costumier a bénéficié des conseils d’une experte en la matière. Misaya Iodice-Fujie a étudié les arts traditionnels japonais. Elle lui a montré des kimonos de sa collection personnelle pour l’inspirer.

"L’occasion de montrer les véritables kimonos, c’est très précieux, nous précise Misaya. Pour nous, le kimono est un symbole du Japon. C’est important de faire connaître la culture japonaise à travers le vêtement aussi".

4 mois de travail

Six personnes ont travaillé pendant quatre mois dans les ateliers de l’Opéra à Ans. Près de soixante kimonos ont été peints à la main. Un ouvrage de précision et de patience. Les tissus utilisés sont un peu moins nobles que traditionnellement, pour permettre un lavage après chaque représentation. Et d’autres adaptations pratiques ont aussi été faites notamment au niveau des grandes ceintures qui s’enroulent plusieurs fois autour des kimonos et qu’on appelle obis.

"Vous pouvez voir que le obi a été attaché avec des agrafes, nous explique Fernand Ruiz, le chef costumier, en nous montrant un de ses kimonos. De cette façon, il peut s’adapter à la chanteuse pour qu’elle puisse donner de la voix".

Maîtriser les codes

L’art du kimono est très codifié. Les manches longues sont pour les femmes célibataires, les courtes pour les femmes mariées. Couleur, dessins, nœuds… Chaque détail a son importance. Un autre exemple est une zone érotique qui peut être plus ou moins mise en valeur.

"Le kimono est tiré en arrière au niveau de la nuque, ajoute Fernand Ruiz. Parce qu’au Japon, la zone érotique est le cou et le haut des épaules. Chez les geishas, c’est encore plus visible".

Un costume beau de près sera toujours beau de loin

Ce souci de vraisemblance était voulu par le metteur en scène, Stefano Mazzonis di Pralafera. Un hommage au sens du détail de Puccini dans sa partition.

"On doit garder les traditions et l’esprit que Puccini voulait donner à son opéra, précise le metteur en scène. Il a mis beaucoup de musique japonaise dedans. Quand il a commencé à écrire Butterfly, l’ambassadeur du Japon à Rome lui a envoyé de la musique traditionnelle japonaise pour qu’il puisse s’inspirer".

Le public ne percevra peut-être pas les moindres détails des kimonos depuis la salle, mais chez les artisans costumiers, un vieil adage dit qu’un costume beau de près sera toujours beau de loin.

Sarah Heinderyckx

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