Dalhem 4607

2018, une année exceptionnelle pour le vin belge?

Alors que de nombreuses cultures ont souffert de la sécheresse ces dernières semaines, les vignobles belges ont été plutôt épargnés et le soleil de plomb leur a été bénéfique.

S'il ne grêle pas mais qu'il pleut un minimum, l'année pourrait être exceptionnelle!

Un raisin sucré bien plus tôt que d'habitude

Sur la commune de Dalhem en province de Liège, au vignoble des Marnières, le pinot noir a viré très tôt. C'est à dire que les grappes de raisin ont commencé à changer de couleur. Avec son réfractomètre, un petit appareil qui sert à mesurer le taux de sucre contenu dans le fruit, le viticulteur Benoit Heggen, admire le travail: "On est à 162 g de sucre par litre, donc on est un petit peu en dessous des dix degrés potentiels en alcool. C'est extrêmement élevé!" C'est la première fois qu'il constate cela si tôt dans l'année.

Les 8000 pieds de vignes que comptent le domaine ont été préservés de la sécheresse grâce au sol. "Nous sommes sur un sous-sol calcaire qui a pu, lors du mois de mai lorsqu'il y a eu tellement de pluies, bien absorber l'eau, bien la stockée et la rendre quand la vie en avait besoin" souligne Benoit Heggen. Mais le vignoble a maintenant besoin de températures un peu plus basses et quelques jours de pluie. Car pour être parfaitement juteux, il faut plus d'eau aux grains de raisin. 

Quelques adaptation et des vendanges en avance

Au domaine viticole Vin de Liège à Oupeye, le maître de chai, c'est à dire le responsable de la production du vin est également satisfait de ses vignes. Il est vrai que quelques 2000 jeunes pieds sont morts mais pour 78.000 autres, pas de problème, au contraire. Romain Bévillard et son équipe, avaient réalisé quelques adaptations: "Dès qu'il a commencé à faire vraiment chaud et que la tendance s'est confirmée, on a pris la décision de détruire l'enherbement qu'on avait entre les rangs de vignes. C'est un enherbement qui permet de concurrencer la vigne en eau. Comme il n'y en avait pas assez, le fait de le détruire a permis de libérer un peu plus d'eau pour les vignes."

Sur ses seize hectares, il constate avec joie que les pépins des grains de raisin ont bien bruni, signe que le tanin à l'intérieur commencent à mûrir. "On vendangera surement avec quinze jours d'avance. On démarrerait début septembre" explique-t-il.

Si tout se passe comme prévu, la coopérative Vin de Liège espère produire 60.000 bouteilles de vin en 2018, soit 20.000 de plus que l'an dernier. 

Natacha Mann

Retrouvez l'article original sur RTBF