Engis 4480

117 emplois menacés chez Lhoist : "Chaque usine va se reconcentrer sur son métier de base"

Le groupe carrier Lhoist a annoncé ce jeudi matin lors d’un conseil d’entreprise extraordinaire un vaste plan de restructuration touchant trois de ses sites wallons.

Jusqu’à 117 emplois pourraient y être supprimés sur les 640 qu'emploie le groupe en Belgique. La procédure Renault a été enclenchée. Lhoist est spécialisé dans l’extraction de minéraux pour la production de chaux. Le groupe dit vouloir réorganiser ses activités pour s’adapter au marché actuel. "Les marchés traditionnels de Lhoist Belgique ont chuté de 35% au cours des dix dernières années, principalement à cause de la baisse d’activités de clients historiques de Lhoist Belgique. Par ailleurs, Lhoist Belgique fait aujourd’hui face à une baisse de compétitivité de certains de ses produits, liée notamment à la concurrence internationale et à des coûts de production élevés", indique le groupe dans un communiqué. Ce dernier évoque aussi l’incertitude liée à l’exploitation de sa carrière de Rochefort, suite à une décision de justice.

Hermalle-sous-Huy, le plus touché

La restructuration devrait toucher les trois usines du groupe, situées à Marche-les-Dames, Jemelle et Hermalle-sous-Huy. Les sièges administratifs du Brabant wallon (Limelette, Corbais et Nivelles) ne sont pas concernés. A Jemelle, où l’on extrait du calcaire et le transforme dans des fours à chaux, quatorze emplois sur 106 sont menacés. A Marche-les-Dames, où l’on exploite la dolomie, pourraient être supprimés 39 emplois sur 200. Hermalle-sous-Huy, site de transformation, pourrait être le plus impacté avec une menace de suppression de 64 emplois sur 210. L’emploi sur les autres sites du groupe Lhoist en Belgique n’est a priori pas menacé. "Chacune des usines a un métier de base, indique Jean Marbehant, porte-parole de la direction. Marche-les-Dames va ainsi se concentrer sur son activité d’extraction, on va donc y fermer les fours d’ici deux ans. Hermalle va se concentrer sur la production de dolomie cuite et Jemelle sur la production de chaux".

On ne se doutait pas qu’il y aurait autant d’emplois impactés

Parallèlement à cette réduction du personnel, le groupe annonce un investissement de 90 millions d’euros sur les cinq prochaines années. "Ce que nous proposons n’est pas une restructuration mais une transformation de notre organisation industrielle en Belgique. Une transformation qui nécessite des moyens importants pour réinvestir dans les usines. Malheureusement, cette transformation peut entraîner une réduction du personnel de nos trois usines belges" poursuit Jean Marbehant. Côté syndical, même si on avait remarqué la baisse de production, on se dit sous le choc : "On ne se doutait pas qu’il y aurait autant d’emplois impactés. Mais vu les productions qu’on connaissait ces derniers temps, on se doutait bien qu’on nous annoncerait quelque chose, réagit Stefano Biasio, délégué FGTB sur le site de Marche-les-Dames, à la sortie du conseil d’entreprise. Nous essaierons de négocier pour avoir le moins possible de licenciements secs". La direction affirme pour sa part vouloir tout mettre en œuvre pour ne pas atteindre le chiffre de 117 suppressions d'emploi.

Une réunion de direction syndicale est prévue lundi prochain à 9 heures. 

Stéphanie Vandreck, Mathieu Baugniet, Juliette Hariga

Retrouvez l'article original sur RTBF