1 enfant sur 4 sous le seuil de pauvreté en Wallonie : "La pandémie de coronavirus rajoute du malheur à la misère"

L’édition 2020 de Viva For Life se tiendra du 17 au 23 décembre prochain.

L’édition 2020 de Viva For Life se tiendra du 17 au 23 décembre prochain. Au menu : pas de cube sur la place de Tournai mais une mobilisation "digitale" où Ophélie Fontana, Sara de Paduwa et Adrien Devyver relèveront de nombreux défis comme à l’accoutumée. L’objectif ? Récolter un maximum de fonds pour combattre la pauvreté infantile. Une pauvreté accentuée cette année par la pandémie de coronavirus.

En Belgique, un enfant sur quatre vit sous le seuil de la pauvreté en Wallonie. À Bruxelles, ce chiffre est plus grave puisque c’est un enfant sur trois qui connaît la précarité dans sa vie de tous les jours. "Ce sont des chiffres terriblement importants auxquels on s’est malheureusement habitués", déplore Bernard De Vos, délégué général aux Droits de l’Enfant.

Et ces chiffres sont d’autant plus interpellant que notre pays est un pays dit "industrialisé". "Pour un pays comme le nôtre c’est impossible, ce qu’on peut tolérer dans les pays en voie de développement n’est pas possible pour nous", alerte cet éducateur de formation.


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Beaucoup s’accordent à dire que 2020 est une année particulière, une année "ratée" pour d’autres pour qui le confinement a été un obstacle. Pour Bernard De Vos, "la pandémie à laquelle on est confrontée rajoute du malheur à la misère".

Pas d’évolution

Lorsqu’il parle de précarité infantile, Bernard De Vos connaît le sujet. Il y a 10 ans, il a réalisé un rapport qui faisait l’état des lieux de cette problématique dans le sud de la Belgique et à Bruxelles. "Ce que j’ai découvert était terrible", se souvient-il. Le rapport actualisé diffusé l’an dernier ne témoignait pas de grandes avancées selon lui.

"Je l’ai refait l’an dernier et objectivement on n’a pas vu beaucoup d’évolution. La pauvreté s’enkyste plutôt, la pauvreté est galopante, certains quartiers sont ruinés par ces questions-là. Beaucoup d’enfants grandissent mal !", pointe le délégué aux Droits de l’Enfant.

"La responsabilité des États"

Mais comment faire alors pour sortir ces enfants de la pauvreté latente qui ronge notre pays ? "La première priorité c’est de faire en sorte que les parents de ces enfants ne soient pas dans des conditions si indignes", plaide-t-il. Mais il pointe l’État : "Lutter contre la pauvreté infantile, c’est d’abord la responsabilité des Etats. C’est d’abord assurer des moyens de subsistance, de vie à tous les citoyens et on voit bien combien on a été lâches à ce niveau-là ces dernières années."


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Il estime que les enfants devraient être préservés de la pauvreté quoi qu’il en coûte et même si leurs parents se trouvent dans une situation précaire. "En améliorant leur quotidien, en faisant en sorte qu’on ait un accueil de la petite enfance de qualité, que les écoles ne soient pas excluantes, qu’on ait un enseignement inclusif, que les loisirs soient gratuits, …", évoque Bernard De Vos.

Mais il estime aussi que les associations qui œuvrent sur le terrain doivent être "équipées correctement" afin d’accompagner au mieux les familles qui rencontrent des difficultés.


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M.F.

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