Activités pour les jeunes avant le 30 juin, camps de vacances et stages cet été : ce que l’on sait déjà sur les conditions d’organisation

On le sait depuis vendredi dernier, les stages et camps de jeunesse seront autorisés cet été, à partir du 1er juillet. Mais les groupes, appelés également "bulles de contact", composés des jeunes mais aussi de leurs encadrants, devront se limiter à 50 personnes.

Rebondissement le lendemain, les stages sportifs ne sont pas concernés, l’annonce de la réouverture de ceux-ci a été jugée "prématurée" et la décision concernant ces activités sportives est attendue pour le 3 juin au plus tard, jour où le Conseil National de Sécurité doit également annoncer des mesures pour l’Horeca, les secteurs sportifs et le monde culturel.


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Mais quelles sont les mesures que doivent être prises par le secteur de la jeunesse pour reprendre leurs activités ?

La RTBF a pu se procurer les documents qui ont été transmis par le cabinet de Valérie Glatigny, en charge de la Jeunesse et des Sports en Fédération Wallonie-Bruxelles, notamment aux bourgmestres.

Parmi ces documents, se trouvent deux protocoles, l’un concerne l’organisation des activités de jeunesse entre le 25 mai et le 30 juin, l’autre concerne les camps et activités de jeunesse cet été. Ces protocoles visent à aider les associations de jeunesse, mais aussi les administrations communales et provinciales "à traduire de manière appropriée les mesures nécessaires".

Un premier protocole a été communiqué. Il s’agit d’un référentiel "pour toutes les activités organisées par des Organisations de Jeunesse et Centres de Jeunes à partir du 25 mai 2020, à l’exception des camps et séjours, les stages et plaines de vacances d’été".

En préambule, la note rappelle quelques éléments généraux concernant les enfants et les jeunes, comme l’importance de ces activités pour les enfants/jeunes, "en termes de socialisation, de créativité, de citoyenneté, de solidarité…".

Le document rappelle également que "le risque zéro n’existe pas mais celui d’être infecté est très faible pour les enfants et jeunes. Cela est confirmé par les recherches et les experts du GEES. Il est important de bien le faire savoir pour les enfants, les parents et les organisateurs des activités avant les vacances et durant celles-ci".

À travers cette note, le cabinet de Valérie Glatigny veut aussi sensibiliser directement les adultes en charge de ces activités : "Nous comptons sur chaque responsable et animateur pour mettre le protocole au mieux en pratique en "bon père de famille", en tenant compte de la sécurité sanitaire et de l’intérêt majeur des enfants/jeunes au vu de la crise actuelle".

Il précise également qu’un masque sera fourni "pour chaque animateur professionnel ainsi qu’une affiche reprenant les gestes barrières pour chaque association à placer à l’entrée du bâtiment".

Ce document transmis par le cabinet de la ministre Glatigny aborde les différentes mesures indiquées aux organisations à travers différents aspects comme :

  • La préparation des équipes : avec un temps d’équipe préalable à la date d’ouverture pour se retrouver et s’organiser.
  • Les conditions de participation : avec la participation ouverte aux jeunes avec handicap mais une exclusion de ces activités pour les personnes à risque (enfants et moniteurs).
  • L’hygiène : avec un rappel de certaines mesures connues comme le lavage systématique des mains et l’obligation du port d’un masque pour les 12 ans et + ainsi que pour les animateurs-trices durant toute la présence dans la structure, l’animation, la formation.
  • Les mesures organisationnelles : avec notamment des groupes de 10 enfants/jeunes maximum, ainsi qu’un animateur et un espace de 4m² par enfant et animateur et une distance de 1,5 m les uns des autres. Un registre de présence et est également exigé pour garantir le suivi. Un protocole au cas où un enfant présente des symptômes doit être aussi prévu.
  • La nature de l’activité : avec la recommandation d’éviter totalement les activités où le groupe est en contact avec des personnes extérieures et la recommandation de privilégier les activités en plein air, notamment.

L’ensemble de ces dispositions détaillées sont disponibles dans le document ci-dessous :

Pour ce qui est des camps et activités de jeunesse organisés à partir du 1er juillet, le protocole est bien plus long car il contient aussi des recommandations concernant l’accueil des jeunes en résidentiel.

Il s’agit d’un manuel pour "toutes les activités organisées, les offres, les camps, les animations pour […] les enfants et les jeunes en été". Sont exclus de ce protocole et jusqu’à nouvel ordre, les stages sportifs.

Le protocole a été co-construit par les ministres de la Jeunesse des trois Communautés de Belgique et en lien avec les responsables des fédérations des Organisations de Jeunesse et des Centres de Jeunes. "Il couvre des milliers de camps et activités pour les jeunes, auxquels des centaines de milliers d’enfants et de jeunes participent".

Différents scénarios spécifiques reposant tous sur ce protocole générique ont été élaborés dans l’intérêt des enfants et des jeunes et peuvent, le cas échéant, être une source d’inspiration pour d’autres secteurs.

Avec ces scénarios, la volonté affichée est d’aider les organisations et les administrations locales à traduire de manière appropriée les mesures nécessaires, en respectant toujours les limites de la sécurité et de la responsabilité, et en partant de la perspective des enfants et des jeunes.

La mise en œuvre du présent protocole a été soumise et acceptée par le Comité de concertation réunissant les différents gouvernements.

Le Protocole générique pour les camps et activités de jeunesse en été se compose de 4 parties :

  1. Les conditions de participation : avec, là aussi, la volonté qu’un plus grand nombre possible d’enfants et de jeunes puissent participer à des camps ou des activités de jeunesse, avec des recommandations spécifiques pour les groupes et enfants "à risque" et la tenue de registres de présence, notamment.
  2. Les mesures organisationnelles : avec les contours des bulles de contact de 50 personnes au maximum, y compris les participants et les accompagnateurs. Un camp/une activité peut être constitué de plusieurs bulles de contact en même temps, mais ils doivent être organisés de telle manière qu’il y ait une distanciation entre les différentes bulles. On y lit, entre autres, que dans les groupes mixtes où -12 ans et +12 ans se côtoient, il convient d’appliquer les règles plus strictes en ce qui concerne les contacts physiques. Une procédure d’urgence doit aussi être prévue par les organisateurs.
  3. Les mesures d’hygiène : avec le rappel des mesures d’hygiène connues mais aussi le port du masque par les plus de 12 ans lorsqu’ils sont en dehors des bulles de contact. Et aussi des recommandations concernant le soin des plaies et l’utilisation du matériel.
  4. Les adaptations de la nature de l’activité : avec la recommandation, là aussi, d’organiser au maximum les activités en plein air et le respect strict du principe de la "bulle" et le respect de la distance physique lors de l’entrée en contact inévitable avec d’autres personnes ou "bulles".

L’ensemble de ces dispositions sont disponibles dans le document ci-dessous ou des scénarios adaptés aux mouvements de jeunesse ou aux camps de jeunesse de plusieurs jours avec nuitées sont également détaillés :

L’organisation concrète de ces camps en respectant les mesures imposées, comme la limite des groupes à 50 personnes, animateurs compris, ne pose, dans la majorité des cas, pas de problème pour les Scouts et les Guides.

"Les groupes de plus de 50 personnes représentent une minorité, un nombre assez limité", explique Adrien Mogenet, porte-parole des Scouts, dont le mouvement compte 50.000 jeunes. Chez les Guides, un peu moins de 10% des sections sont composées de plus de 50 personnes.

Pour les patros, la question se fait plus prégnante, la spécificité du mouvement de jeunesse étant de rassembler toutes les tranches d’âge dans un même camp. La majorité des groupes sont dès lors composés de plus de 50 individus. "Les groupes pourront quand même partir au même endroit de camp mais seront dans des bulles différentes", explique la Fédération des patros.

"La décision est propre à chaque endroit et à chaque équipe. Nous poussons les animateurs à la réflexion mais n’obligeons en aucun cas à maintenir le camp", insiste-t-elle. Une alternative peut également être d’organiser des activités ponctuelles tout au long de l’été pour maintenir le contact avec les jeunes.

Crème solaire

Autre mesure : le respect de la distanciation sociale "autant que possible". "La mesure ne s’applique pas aux enfants de moins de 12 ans tandis que pour ceux de plus de 12 ans, il s’agit d’éviter les contacts trop rapprochés, comme s’abstenir de se mettre de la crème solaire l’un l’autre", éclaire la Fédération des Guides.

Les Scouts pointent, eux, une inconnue qui demeure sur la préparation des camps. "Les équipes pourront-elles se réunir pour préparer au vu des conditions contraignantes imposées telles que la distanciation sociale ?", se demande Adrien Mogenet.

Les mouvements se disent en tout cas prêts à relever le défi des camps estivaux pour permettre aux jeunes de retrouver des étoiles dans les yeux.

Ces protocoles visent donc l’ensemble des organisations de jeunesse et des camps de vacances mais l’aspect des stages sportifs n’est pas détaillé.

Il apparaît en fait que ces stages sportifs pourraient éventuellement nécessiter des mesures d’hygiène plus spécifiques, pour éviter tout risque de propagation accrue du coronavirus. C’est en tout cas ce que les experts sanitaires ont indiqué au cabinet de Valérie Glatigny.


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La ministre de la Jeunesse et des Sports confirme à la RTBF qu’elle travaille, avec ses homologues flamand et germanophone, à ces dispositions avec les experts du GEES.

Le cabinet de la Valérie Glatigny indique également que "depuis le début de la crise, la ministre a organisé plusieurs concertations avec les acteurs du sport organisé francophone (fédérations, association des établissements sportifs, ADEPS, etc.)".

Ces décisions concernant les stages sportifs doivent être prises par le Conseil National de Sécurité et elles devraient ensuite être communiquées au plus tard le 3 juin.

RTBF avec Belga

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